Hockey

La discipline …

C’est un sport collectif opposant deux équipes de 6 joueurs (plus quatre remplaçants) évoluant en apnée. L’objectif est de faire entrer un palet dans un but, un match dure 2*15 minutes.

Le terrain mesure entre 12 et 15m de large pour 21 à 25m de long et une profondeur entre 2 et 3.65m (selon les piscines) Le palet pèse environ 1.3kgs, il est en plomb entouré de caoutchouc. Les buts sont en acier inoxydable, ils mesurent 3m et comportent une rigole où doit pénétrer le palet.

Les joueurs évoluant en apnée, l’équipement est assez restreint : un maillot de bain, un masque, une paire de palmes, un tuba, une crosse. Pour se protéger, le joueur porte un bonnet de type water-polo, ainsi qu’un protège dents, obligatoire depuis cette année. La main tenant la crosse est gantée, afin d’éviter les blessures lors des contacts. La crosse est courte (pas plus de 30cm), en bois ou matériau flottant et uniforme.

Des championnats de hockey subaquatique sont organisés par la ffessm : régionaux, nationaux hommes et femmes pour les différentes catégories d’âge. Il existe également un championnat d’Europe et un championnat du monde.

… et son histoire

Tout commence en Angleterre. Alan BLAKE découvre la plongée – encore balbutiante – en 1949. Il plonge seul, jusqu’à entendre parler du British Sub-Aqua club en 1953. Il s’en rapproche, et crée sa section à SOUTHSEA (sud de l’Angleterre) dans la foulée (60 membres en 1954). A la fin de l’été 1954, il cherche une idée pour maintenir les entraînements l’hiver. Les combinaisons ne sont pas encore très efficaces, et il est hors de question de continuer à plonger en mer. Il faut de plus trouver une idée convenant aux responsables de la piscine (pas de bris de carreaux, pas de danger pour les joueurs…). Il finit par avoir l’idée d’un sport où les joueurs pousseraient un palet à l’aide d’une crosse au fond de l’eau.

C’est autour d’un thé que six des membres de la section n°9 du British sub-aqua club (Alan BLAKE et sa femme Sylvia, Jack et Ena WILLIS, Frank et Hazel LILLIKER) vont baptiser ce nouveau sport. Il se joue dans sa première version à huit, d’où le préfixe OCTO, et les joueurs poussent (en anglais, « to PUSH ») un palet. Création du barbarisme OCTOPUSH, faisant de plus référence à la pieuvre (en anglais, « octopus »). La première édition des règles, en date du 26 octobre 1954, précise que les joueurs seront équipés d’un masque, de palmes, et d’une crosse. Pas encore de tuba. Le but est considéré marqué quand le palet touche le mur adverse.

Le premier « match » a eu lieu en deux contre deux, opposant John VENTHAM et Jack WILLIS à Alan BLAKE et Frank LILLEKER. Le sport a été jugé viable, sans ajustement majeur. Les entraînements ont ensuite eu lieu à la piscine d’Eastney, avec les commandos de la marine royale. En novembre 1954, le magazine Neptune (équivalent de notre Subaqua) publie le premier article sur l’octopush. Le premier championnat national sera remporté en 1968 par l’équipe de Southsea, à Portsmouth.

Bizarrement, la discipline est créée une seconde fois en Amérique, avec quelques différences. Des photos prises en juin 1959 dans la piscine du Carillon Hotel, à Miami Beach montrent Cam BAIRD et Jack RAINEY (alors employés de cet hôtel comme maître nageurs) se servant de crosses de hockey sur glace tenues à deux mains, ainsi que de scaphandres autonomes. Le magazine Argosy y consacre un article (n°352, février 1961). C’est un plongeur de la région de Chicago, Bill NEIL, qui va permettre le développement de cette variante dans le Nord Ouest des Etats Unis. Le jeu est moins aéré que dans la version anglaise : la crosse autorise moins de techniques de maniement et les déplacements sont beaucoup plus lents. Les bouteilles n’aident pas à la répartition du jeu, et les tirs sont quasi inexistants.

Suite à la publication d’un article sur le hockey subaquatique dans la revue « Skin diver magazine » en octobre 1961, La version américaine du hockey fait des émules en Afrique du Sud, qui sera imitée par des pays voisins. La version anglaise quant à elle rencontre du succès en Australie et au Canada. La rencontre des techniques canadiennes et américaines conduiront à l’abandon progressif de la crosse longue aux Etats Unis, beaucoup moins maniable que la version courte anglaise. Ce sont les premiers championnats du monde en 1980 à Vancouver puis en 1982 à Brisbane et enfin le premier règlement de la CMAS (Confédération Mondiale des Activités Subaquatiques) qui auront définitivement raison de la crosse longue.

En France, c’est en 1967 que Roger CHATELAIN présente ce sport aux membres du club subaquatique de Montauban, avec des crosses longues. En 1973, Roger RENAULT initie les plongeurs du Nord avec des crosses anglaises. Dans la foulée, une équipe se crée à Lille (1975) mais avec des crosses américaines. A Nantes, le Centre Subaquatique Nantais est créé en 1967, et on commence à y jouer au hockey subaquatique vers la fin des années 1970, sur la base du jeu américain. Les joueurs nantais échangent leurs crosses longues contre des crosses courtes au tout début des années 1980, et participent au championnat national dès sa seconde édition à Bordeaux en 1983 (photo).

Les principales évolutions depuis la (les) création(s) de la discipline sont bien évidemment l’abandon des bouteilles et des crosses longues. La forme de la crosse courte a elle même évolué, passant d’un dessin en tête d’os, visible sur certaines photos, à une forme courbée asymétrique, permettant des tirs et des gestes techniques plus efficaces. Les premiers pratiquants utilisaient des palmes de chasse sous marine, aux arêtes protégées afin d’éviter les blessures. Les palmes utilisées actuellement sont plus courtes, globalement plus souples, et permettent des accélérations et des mouvements plus rapides. Le masque doit comporter deux verres pour éviter les accidents. Nouveauté depuis la saison 2006 2007 : Les tubas (forcément sans soupapes) doivent être équipés d’un protège-bouche.

Aujourd’hui, le hockey subaquatique est encore peu représenté en Afrique (sauf les pays du Sud), Moyen-Orient, Russie et dans une moindre mesure l’Amérique du Sud. Partout ailleurs, des clubs sont présents. Le niveau est assez hétérogène, les pays « fondateurs » (GB, Canada, Afrique du Sud, Australie, Nouvelle Zélande, France) gardant une longueur d’avance lors des championnats internationaux. 

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